Les Jeux Paralympiques à la recherche de l’égalité

Le symbole des jeux paralympiques

Le 13 Septembre dernier, à Lima (Pérou), la France a reçu l’attribution de la part du CIO (Comité International Olympique) des Jeux Olympiques d’été 2024, un siècle après sa dernière participation (1924). Tout comme les Jeux Paralympiques aussi. Car le grand public a (trop ?) tendance à oublier les athlètes non valides, à l’image des médias qui ne diffusent que très peu cet évènement sportif international.

Une sous-médiatisation qui ne semble pas choquer, étonner la société – hormis les athlètes handisports – mais qui nous (Lucas, Marine, Natacha, Alexandre) a touché et amené à angler notre projet sur les Jeux Paralympiques de 2024. Car selon Jules Gritti, Feu sur les médias: faits et symboles, la télévision est le miroir déformant, voire grossissant de notre société. Les athlètes handisport se sentent donc aux yeux des spectateurs et téléspectateurs moins importants que les athlètes valides.

Une médiatisation en hausse mais insuffisante

Si la couverture médiatique des Jeux Paralympiques en France reste bien inférieure à celle des Jeux Olympiques, le temps de diffusion consacré à l’évènement a fortement progressé entre les Jeux Paralympiques de Pékin en 2008 (3 heures) et ceux de Londres en 2012 (35 heures). Une avancée considérable même si l’on déplorait la quasi absence de direct sur les chaines hertziennes gratuites.

Au fil du temps, la couverture médiatique des Jeux Paralympiques s’est accrue. En 2014, France Télévision a proposé 60 heures de direct dans le cadre des Jeux Paralympiques d’hiver de Sotchi puis 100 heures de retransmissions pour les épreuves paralympiques d’été de Rio (2016) (1). Mais Paris veut placer la barre encore plus haut et faire de ses Jeux Paralympiques un événement médiatique jamais vu jusque là.

NB : Toutes ces données proviennent du CSA, Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. 

Un manque de reconnaissance dû à la différence

Cette différence de traitement médiatique se reflète également dans les codes olympiques comme la séparation des Jeux, le drapeau, le professionnalisme des athlètes ou encore le budget. Nous nous sommes également penchés sur ces différents points.

Si la première édition des Jeux Olympiques a eu lieu en 1896 à Athènes, celle des Jeux Paralympiques, en revanche, n’a vu le jour qu’en 1960 à Rome, une semaine après les Jeux Olympiques. Aussi bien en Italie qu’au Japon 4 ans plus tard, les deux compétitions olympiques ont eu lieu dans la même ville. Mais il a fallu attendre 1988 et les Jeux de Séoul pour voir, enfin, les deux événements se dérouler définitivement dans la même ville. Dès leurs prémices, les deux compétitions n’auront pas lieu simultanément mais séparément. Il faudra compter un intervalle d’en moyenne deux semaines entre les deux compétitions. C’est l’une des cause du manque de médiatisation.

Le symbole olympique connu de tous, avec ces 5 anneaux colorés, n’est pas le même que pour les paralympiques (trois Agitos qui signifie « je bouge » en latin). Il symbolise le mouvement en formant ensemble une figure ressemblant à un croissant. On remarque aussi qu’il n’y a que 3 couleurs (contre 5 pour les olympiques). Le bleu, le rouge et le vert étant les couleurs les plus représentées sur les drapeaux des pays du monde entier.

Autre différence mais cette fois beaucoup plus sensible, la professionnalisation. Les athlètes valides sont presque tous des sportifs professionnels, donc qui ne vivent que de ça. Alors que les pour les athlètes handisports, très peu sont professionnels.

Pionnière des « Jeux Paralympiques » en 1948 sous le nom des jeux internationaux, l’Angleterre compte parmi ces athlètes non valides, bon nombre de professionnels, tout comme la Chine. Cela se ressent au nombre de médailles. A titre d’exemple au Jeux de Rio en 2016, la Chine (1ère) a obtenu 239 médailles et la Grande-Bretagne (2e) en a obtenu 147. La France qui ne compte aucun athlète handisport professionnel a glané 28 médailles et s’est classée 12e.

Par ailleurs, le budget mis à disposition des Jeux Olympiques est supérieur à celui des Jeux Paralympiques. Toujours à titre d’exemple, les JO de Rio ont coûté au final 16 milliards d’euros (sur un budget prévisionnel de 10 milliards d’euros) (2) tandis que les Jeux Paralympiques ont coûté 4.5 milliards d’euros (3).

Bien que les Jeux Paralympiques aient gagné du terrain en terme de visibilité au fil des années, il reste beaucoup à faire pour mettre en valeur les performances des athlètes et rétablir l’égalité des chances. La différence entre les deux événements soulève in fine la question délicate de l’intégration des handicapés à notre société. C’est pourquoi, il nous paraissait très intéressant d’investiguer sur le sujet.

(1) http://www.csa.fr/Etudes-et-publications/Les-etudes-thematiques-et-les-etudes-d-impact/Les-etudes-du-CSA/Jeux-olympiques-et-paralympiques-Paris-2024-Enjeux-et-opportunites-pour-le-secteur-de-l-audiovisuel

(2) http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/09/14/les-jeux-olympiques-un-budget-difficile-a-maitriser_5185650_4355770.html

(3) https://www.lesechos.fr/07/09/2016/lesechos.fr/0211265147545_les-jeux-paralympiques-de-rio-a-la-diete.htm

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