Interview de Jean Minier

 

Jean Minier, Directeur développement du Comité Paralympique et sportif français

Quels sont les objectifs du Comité paralympique d’ici 2024 ?

Notre objectif est
de doubler le nombre de médailles de 28 à 56. Ce n’est pas un mince objectif. Pour le comité paralympique ça passe dans les 2 saisons sportives à venir par un effort sur le recrutement pour que des jeunes en état de handicap s’engagent. Il s’agit donc d’accroître le nombre de sportifs et de gagner des places durant les compétitions entre 2020 et 2024 qui seront qualificatives.

Il y a un travail sur le qualitatif aussi. Il est nécessaire de travailler sur la formation des entraîneurs et des dirigeants de clubs. Mais aussi sur la capacité des fédérations à accompagner ces personnes qui ont des besoins particuliers. L’optimisation d’accès à la performance est un défi donc mais pas le plus complexe.

Quelles actions le comité met il en place pour faciliter le pratique du sport par des personnes en état de handicap ?

Il y a un gros travail de communication et d’optimisation de l’accès à l’information pour relayer les actions des fédérations au grand publique et aux personnes en état de handicap. Il s’effectue en communion avec les grandes associations nationales.

Ensuite il y a un travail de partenariat avec les professionnels de la rééducation et de l’appareillage. Le but est qu’aucune personne ne soit laissée sans un accès au sport. C’est un gros travail avec les institutions en interministérielles. La défense par exemple du fait des blessés de guerre mais le Ministère du travail également pour la problématique de l’accès à l’emploi. Il y aussi le Ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur. Tous travaillent pour un intérêt commun : l’accès au sport pour tous.

C’est également un Interêt de santé public et d’accès à l’emploi. Nous collaborons par ailleurs avec l’INSEP pour élaborer des tests de détexion du potentiel physique. Ensuite nous organisons des journées à l’INSEP dans le but que chacun puisse venir tester son potentiel paralympique.

Nous travaillons aussi avec les clubs sur les sujets suivants : Comment questionner son entraînement pour un entraîneur ? Comment accueillir les athlètes handicapées ?

Quel regard portez-vous sur l’organisation des JO 2024 concernant les épreuves paralympiques ?

Le comité sera largement présenté. Nous sommes persuadées que l’organisation de JO 2024 peut vraiment faire progresser la cause des personnes handicapées. Il s’agit de faire en sorte que ces jeux portent un héritage. Nous n’avons aucun doute sur la qualité d’organisation des jeux, ce qui nous préoccupe c’est essentiellement l’héritage. Quelle image aura la France en terme d’accueil des personnes handicapées ? C’est ce qui nous semble essentiel et c’est là dessus que l’on va porter tout notre effort. Cela concerne le maillage territorial des clubs, les transports, la structuration des fédérations en matière d’accueil du handicap, le relais des médias, etc.

Que pensez-vous de la séparation des deux cérémonies ?

Une comparaison n’est pas raison. Il ne faut pas essayer de les rassembler car techniquement c’est impossible. Comment mixer les épreuves sur 100m ? On y perdrait son latin. Il y a tout à fait la place pour deux cérémonies. Les deux ont leurs vérités, leurs valeurs. Il faut arrêter avec cette envie de réunion des deux cérémonies.

Que les jeux paralympiques prennent leurs essor et que les médias fassent connaître les athlètes paralympiques ! Pour que le grand public soit sensibilisé et connaisse les athlètes qu’il faudra suivre en 2014 car ces sportifs seront rentrés dans les foyers.

Pour ce qui est de 2024, pour ceux qui sont pour la fusion, la chose est déjà signée. Tout est déjà fixé et les jeux seront séparés. Ce débat n’a pas de sens. Ça ne paraît pas jouable car le nombre d’épreuves paralympiques serait diminué. Ce serait la ségrégation paralympique pour faire rentrer quelques athlètes.

Propos recueillis par Marine Mendes

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