Jeux Olympiques : Une mythologie à échelle humaine

Les Jeux Olympiques tirent leur succès du mythe moderne qu’ils incarnent. L’Homme regarde l’Homme dans sa puissance, sa paix, sa fraternité suivant une mise en scène millimétrée. Simulacre d’une unicité civilisationnelle retrouvée, les Jeux sont ritualisés par les uns pour mieux être sacralisés par les autres. L’objectif est de garantir leur succès médiatique et donc économique. Cette célébration profane d’un monde globalisé n’est elle que que l’expression naïve du mythe qu’elle incarne ?

Puissent nos héros atteindre l’Olympe.

Hymne olympique main sur le coeur, serments des athlètes, spectacles grandioses, lâché de colombes et phrases ritualisées… A s’y méprendre, on se croirait presque au beau milieu d’une représentation de théâtre classique : l’unité de temps, de lieu et d’action sont respectées à échelle planétaire. A cette vision poétique s’ajoute la symbolique de l’athlète glorifié, le héros : les meilleurs de chaque nation s’affrontent pacifiquement. Aussi, la technique même est au service de cette glorification. Les médias usent de divers procédés techniques pour accentuer la gloire des héros. On observe des ralentis, des gros plans, des rediffusions des actions en cours. L’apogée de cette mise en scène médiatique peut se retrouver dans l’exemple du Ping-Pong qui a vu ses balles augmenter de taille pour être plus visibles par les téléspectateurs à l ‘écran. L’importance médiatique prend une telle place qu’elle modifie la pratique sportive même. Le cérémoniel devient lui aussi presque aussi important que les épreuves. Puissent nos héros atteindre l’Olympe.

Mélange des cultures

L’Olympisme développe l’imaginaire du mélange des cultures et des peuples. Les cinq anneaux Olympique représentant les cinq continent en sont un parfait exemple. La collection des symboles précités en font la célébration pacifique et utopique du monde. Les Jeux sont le programme le plus médiatisé du monde. Ce suivi médiatique en fait la source de rêves et d’inspirations pour tous et font naitre l’espoir d’un monde meilleur. Le marketing olympique peut s’exercer à grands sauts de créativité avec la complicité des télédiffuseurs et des partenaires qui profitent de cette association médiatique pour faire grimper leurs chiffres d’affaires. On pourrait appeler cela le parasitisme de la gloire. Les différents acteurs économiques en s’associant à l’image des Jeux rehaussent auprès des téléspectateurs leur prestige d’après une étude de marché menée par la CIO.

JO : Nouvel opium du peuple ?

Bien sur, ce simulacre ritualisé traduit que les jeux sont la plus grande multinationale du spectacle. A une époque rationalisée, on observe que les rites ont changé de formes mais pas d’essence comme par exemple la création d’idoles, de symboles ou l’attribution mystique voir magique de certains objets (flamme olympique). Les stades sont devenus des « cathédrales de béton » comme l’écrivent Jean-Pierre Augustin et Pascal Gillon dans L’Olympisme : Bilan et enjeux politiques. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse.
Il apparait que les organisateurs, les médias et leurs associés aient compris que le peuple a encore et toujours besoin d’opium.

« L’image olympique est une image puissante, qui illustre les idéaux olympiques et reflète les plus nobles aspects de la nature humaine (…). Ils sont un parfait exemple du fair-play et de l’amitié entre les peuples ».

CIO, dans Le Mouvement Olympique

Marine Chassang

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